Zéro déchet

POURQUOI JE NE SERAIS JAMAIS ZÉRO DÉCHET

28 janvier 2019


Et pourquoi vous ne devez pas culpabiliser !

J’ai commencé mon cheminement vers le presque zéro déchet il y a 4 ans maintenant. Parce qu’un jour, on prend conscience des choses, et qu’on a envie de faire au mieux. Mais chacun doit avancer à son rythme.

À mes débuts dans cette nouvelle aventure, comme je n’y connaissais rien, il a fallu que je me renseigne. Beaucoup. Internet est une mine d’or, les groupes de discussions également, et j’ai énormément appris. Je ne sais pas s’il vous arrive d’aller sur des groupes Facebook, mais autant, on peut y trouver des informations et des conseils très utiles, autant, c’est vite la débandade. Et sur des groupes tels que le zéro déchet, on a vite fait de se retrouver dans une cours d’école.
Je me souviens qu’à l’époque, j’avais naïvement demandé s’il existait des alternatives au dissolvant, car j’aime porter du vernis à ongles. Alors il y a eu les personnes qui se sont scandalisées parce que le dissolvant, c’est toxique. Preuve à l’appui de copier/coller d’articles en tout genre, de théorie de complot (alala, c’est toujours la faute des reptiliens !). Alors oui, je le sais que le dissolvant ce n’est pas le truc le plus green de la terre einh ! Et celles qui m’ont fait le même scandale quant à la compo des vernis. Autant vous dire que j’étais mi-perplexe, mi-amusée. Mais la palme revient à cette personne qui pour seul commentaire m’a dit « et pourquoi ne pas arrêter de te vernir les ongles, et devenir plus naturelle ? ». Voilà, voilà. Ridicule, n’est-il pas ? Et pourtant, c’est très souvent le genre de commentaires que l’on pouvait retrouver. Autant vous dire que lorsqu’on débute dans quelque chose de nouveau, c’est assez flippant.
J’ai donc pris du recul par rapport à ces groupes, ne survolant que les infos qui m’intéressaient.


Le problème quand on veut agir pour une bonne cause, quand on veut changer ses habitudes – ça prend du temps, et c’est normal – on finit toujours par tomber sur ce que j’appelle les « grands gourous de la parfait’ittude ». Ces personnes qui se pensent au-dessus de tout le monde parce qu’elles sont à un stade avancé dans leur cheminement. Ouais ok, c’est bien, mais elles oublient bien vite qu’elles ne sont pas devenus zéro déchet du jour au lendemain.
Parceque au lieu de nous abreuver de leurs mille et unes astuces, qui sont probablement très utiles en plus. Nan, ces gens-là vont tout simplement nous jeter en pleine face à leur ego. Et pour une personne débutant dans le zéro déchet, ça peut vite devenir une source de culpabilité, de découragement. « Olala, mais comment tu fais ? Moi, je n’arrive pas à réduire autant mes déchets. J’aimerais tellement arriver à être comme toi. » Est typiquement le genre de phrases que j’ai pu lire ici et là, et j’ai eu de la peine de lire ça. Car elles se dévalorisent dans leur cause. Et personne ne devrait se sentir dans la culpabilité d’être dans un cheminement de nouveauté, de changement.

Alors j’ai peu à peu laissé tomber ces groupes et j’ai continué mon aventure en solitaire. Blogs et Pinterest sont de très bonnes sources d’informations. Et bien évidemment discuter avec les gens, dans la vraie vie, aussi. Et d’ailleurs si vous faites vos courses dans les épiceries zéro déchet, n’hésitez jamais à demander des conseils ou astuces aux commerçants, et même s’ils ne savent pas vous répondre, il se peut que la cliente à côté de vous ai entendu votre question, et puisse vous renseigner.

Alors certains me diront « mais attends, ça fait 4 ans que tu as commencé la transition vers le zéro déchet, et tu en produits encore ? » Oui, et je n’en éprouve pas de culpabilité. Même si parfois, j’aimerais encore pouvoir les réduire. Mais dans la vie, on ne fait pas toujours comme on veut. Je vis dans un appart, avec une cuisine très petite, et même si j’ai fortement eu l’envie d’avoir un lombri-composteur, et que je m’étais énormément renseigné sur la démarche, soyons réaliste, cela n’aurait pas été réalisable. Mais ce n’est pas grave, cela ne veut pas dire que jamais je ne pourrais faire mon compost. Viendra le jour où cela sera possible, et ça sera une avancée de plus dans ma transition « de plus en plus » zéro déchet. 

Il faut garder les pieds sur terre, on ne peut pas devenir zéro déchet, ou presque zéro déchet du jour au lendemain. Nous sommes bercés par des décennies d’habitudes de vie, de croyance, de train-train quotidien. Il est impossible de tout changer en l’espace de quelques mois. Ça prend des années. Et c’est tout à fait normal, car ce type de changement, c’est l’apprentissage d’une vie. Ce sont quand même de gros changements dans son quotidien. Une pièce de la maison à la fois, un changement à la fois.


Côté cuisine,


Bien, souvent, on commence le changement dans sa cuisine, on fait ses courses en vrac et on utilise des bocaux en verre. Alors je ne sais pas pour vous, mais personnellement, je n’achète pas de bocaux vide (ou grands formats pour stocker mon riz, ma farine), je réutilise ceux que j’ai achetés « alimentaires » (bocal de pois chiche, cornichons et autre), et du coup ça demande un certain temps pour arriver à se faire une petite collection. Mais ça permet de faire la transition au fur et à mesure. 
Si vous souhaitez donc acheter en vrac, ou conserver dans des contenants en verre, gardez tous vos bocaux. On en a jamais trop. Je ne compte plus le nombre de bocaux en verre que j’ai, et si je devais réunir tous mes bocaux, vides, je pense que j’aurais l’air d’une vieille folle collectionneuse compulsive ! De toutes les formes, de toutes les tailles, vous trouverez toujours une utilisation.


Les placards sous les éviers sont pratiques pour stocker ce genre de choses.
Petit à petit vous pourrez organisez vos placards autrement.



Alors ça, c’est l’étape « facile », les produits secs que l’on stock dans son garde-manger.
Mais quand est-il du reste ? Et c’est là où la parfaite imparfaite que je suis, vous dis « hé bien le reste, on produit encore du déchet ». N’en déplaise à certains, mais c’est la réalité des choses les gars.
Même si de manière générale, je cuisine les choses moi-même et évite les produits transformés, soyons honnêtes 5 minutes ; il m’arrive parfois d’acheter des produits tout prêts, remplis de sel, sucre, conservateurs, mauvais pour ma santé, et c’est comme ça. Et surtout, il y a des choses que je suis obligé d’acheter (à moins de totalement cesser de me nourrir, mais ce n’est pas quelque chose que j’ai prévu de faire). Quelques exemples de ce que j’achète et qui produit du déchet : le tofu, les yaourts, les crèmes végétales, les laits végétaux, la pâte à tartiner, la confiture, le jus de fruits, le beurre, le chocolat…
En bref vous l’aurez compris, il faut bien que l’on mange. Il faut bien que l’on se fasse plaisir, et le zéro déchet ne doit ni devenir une contrainte, ni une source de frustration. Cela doit être quelque chose qui devient naturel dans son quotidien et ne donne pas naissance à des conflits au sein du foyer.
Alors il y a toujours des personnes qui diront « oui mais le lait d’amande, c’est facile à faire soi-même ». C’est vrai. Mais quand on en consomme beaucoup cela devient vite très contraignant. (Et je vous cite cet exemple, parce que je l’ai déjà entendu.) Qui, à l’envie, et le temps, et surtout l’envie einh, de faire du lait d’amande tous les deux jours ? Qui ? Pas moi en tout cas !


Parce que mon frigo n’est pas aussi « merveilleux » que tous ceux que vous pouvez voir sur Pinterest, mais il est la réalité de la vie.



Et pour les autres pièces ?

Alors il n’y a pas que dans sa cuisine que l’on continue de produire des déchets. Dans sa salle de bain également. Même si pour le coup, il est très facile d’avoir une salle de bain 95% zéro déchet (j’ai donné un chiffre au pif, mais ça sonnait bien.) Mais là encore, il faut y aller sans se prendre le chou. On réduit ce qu’on peut, comme on peut, et comme c’est au mieux pour nous. D’ailleurs, quand j’avais voulu réduire mes déchets dans la salle de bain, j’avais tout simplement retiré la petite poubelle. Au début, on se retrouve un peu perdu avec son déchet, mais ça aide à voir comment on peut s’en passer, en trouvant une autre alternative.

J’ai voulu essayer les dentifrices naturels, solides. J’en ai peut-être essayé 2-3 différents, et ça ne l’a pas fait. Je me retrouvais toujours avec les gencives douloureuses au moment du brossage, et qui saignaient beaucoup. Je suis donc retourné au dentifrice en tube. 


J’ai d’ailleurs découvert la marque Biopha Nature, qui est une marque française, certifié Bio et dont les produits ne sont pas testés sur les animaux. Que du bonheur !
J’utilise de l’eau florale, et une mousse nettoyante visage, ça aussi ça produit du déchet. Alors bien sûr, ce sont des produits qui durent plusieurs mois, donc la quantité de déchet est réduite. Mais déchet quand même.


Et puis de manière générale, et comme tout le monde, j’utilise du papier toilette, il y a donc l’emballage en plastique. Allé, on peut réduire un déchet, celui du rouleau. Certaines marques proposent maintenant des papiers sans rouleau en carton. C’est un petit pas de plus dans sa transition. 
J’ai besoin de médicaments, là encore déchet. J’ai des chats, donc sachets de litière, de croquettes, re-déchet. Je reçois du courrier, enveloppe à jeter. J’achète des biscuits, emballage. Bref, je vis une vie normale.
Vous l’aurez compris, devenir à 100% zéro déchet, n’est pas à la portée de tout le monde, et c’est correct.

Plutôt que de se focaliser sur les déchets que l’on produit encore, il faut porter son attention sur ceux qu’on ne produit plus. C’est au fil des mois, des années, que l’on se rend compte de son évolution.
Et soyez fier-es de vous. Soyez fier-es quand vous ouvrez votre placard rempli de bocaux en verre. Ayez cette pointe de satisfaction d’en être arrivé là, et du chemin parcouru. Ne vous comparez pas aux autres. Chacun avance à son rythme.
Et s’il y a encore du déchet que vous produisez, mais que vous aimeriez réduire, cherchez sur internet quelles seraient les alternatives, renseignez-vous. Est ce que cela est compatible avec l’endroit où vous vivez ? Est ce que cela ne va pas engendrer de grosses contraintes dans votre quotidien ? Est-ce réaliste à l’instant T de votre vie ?
Si ces réponses sont oui, alors je suis ravie pour vous, et vous voilà à faire un pas de plus dans votre quête du presque zéro déchet. 
Si non, ce n’est pas grave, inutile de se flageller. Peut-être pourrez vous réduire ce déchet dans quelques mois. Peut-être pouvez-vous réduire un autre déchet, plus facile à supprimer de votre quotidien.

Peut importe à quel rythme on avance, on réduit considérablement nos déchets sans même s’en rendre compte ! Comment je sais ça ? Tout simplement parce que moi-même, je me disais « mince, j’ai l’impression d’avoir opéré beaucoup de changements et pourtant, on dirait que rien ne change ». Alors j’ai noté la fréquence à laquelle je sors ma poubelle ! 
Attention, il ne faut pas que ça devienne une obsession de se dire « oulalalalala il faut absolument que je sorte de moins en moins mes ordures, donc que je me prive de ça et ça pour ne pas produire de déchet ». Non. Mais cela vous donnera une idée du beau travail que vous faites !

Aujourd’hui, je produis encore des déchets, beaucoup moins qu’il y a un an, et dans 6 mois, 1 an, j’en produirais encore moins parce que j’aurais trouvé de nouvelles alternatives. Mais j’en produirais encore. Oui, j’insiste. Parce qu’on nous assaille de photos de mode de vie parfaits. Je vous le répète ; la perfection, c’est comme les licornes, ça n’existe pas.
Mais quand je regarde mon évolution et bien, je suis fière de moi, je suis fière quand j’ouvre mon placard rempli de bocaux, et je suis tout aussi contente lorsque j’ouvre mon frigo et que j’y trouve un pot en plastique de mon yaourt préféré, miam !
Ma transition est en adéquation avec mes valeurs. Je ne cherche pas à faire plus, pour être dans le mouv’, ou pour paraître bien en société. Je ne donne de leçon à personne. Je ne juge personne. Et je n’aimerais pas que l’on vienne me dire que je ne suis « pas assez zéro déchet ». 
Déculpabilisez-vous une bonne fois pour toute. Avancez à votre rythme, et rappelez-vous pourquoi vous faites cela. Pour vous, l’environnement, prendre soin de la planète, et essayer au mieux de la préserver pour les générations futures, ou pour avoir l’air cool auprès de vos ami-es ?

Et de toutes les informations que vous trouvez sur les réseaux, les blogs, les sites spécialisés, c’est comme tout, il faut en prendre et en laisser. À vous de faire le tri.



 Et vous, comment vous sentez-vous face au presque zéro déchet ? Vous évoluez à votre rythme ? Il y a des choses que vous aimeriez encore améliorer ?

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4 Commentaires

  • Reply Gaspounet 20 mars 2019 at 0 h 56 min

    Super article Calli 🙂
    On essaie nous aussi de transitionner vers le « moins-de-dechets » a Vancouver, et en effet c’est un peu la philosophie qu’on a adopte. On ne change pas nos habitudes du jour au lendemain, mais petit a petit. Et ouais, parfois, meme en ayant l’option « zero-dechet » il nous arrive de continuer a acheter des pates dans des emballages (parce que souvent les alternatives zero-dechet sont proposes uniquement a la farine de kamut ou autre…) ou du yaourt, ou du lait d’amande (super exemple d’ailleurs, je me suis mis a faire mon lait d’amande pour mes milk-shakes, mais ouais, faut prevoir a l’avance et des fois, bin j’ai pas prepare de lait d’amande et je veux un milk-shake maintenant! Par contre, la poudre d’amande qui reste apres le passage au blender nous fait de tres bons financiers ^^).
    A Van on a quelques magasins zero-waste qui sont apparus, et on a la chance de pouvoir trouver certains trucs assez rares a trouver en vrac, tels que le beurre, le tofu, le chocolat…
    Mais c’est vrai que c’est vraiment des habitudes a prendre. Meme si on est loin du zero-dechet, je suis fier de nos petits gestes du quotidien.
    J’ai vu recemment que du cote de Toulouse il y a une epicerie zero-waste qui marche super bien, le Drive Tout Nu. Le principe est vraiment original et je pense qu’il est un tres bon moyen de demarrer dans la reduction de production de dechets.

    • Reply Dame Calli 21 mars 2019 at 10 h 40 min

      Exactement, il faut y aller à son rythme ! Par contre, qu’est-ce que c’est chouette que tu puisses trouver du tofu et du beurre en vrac ! Même à Montréal dans les épiceries zéro déchet (et pourtant c’est pas ce qui manque), impossible de trouver ce genre de produits en vrac. J’espère que ça viendra !

  • Reply Mon Maroc au Naturel 29 janvier 2019 at 14 h 21 min

    Merci, mille MERCIS pour cet article très intéressant. Il est honnête et surtout réaliste. Cela fait du bien, parce que les photos parfaites d’Instagram commençaient à me peser. Merci de nous poser les bonnes questions et de nous encourager sur la bonne voie. Moi aussi, j’ai tendance à culpabiliser mais pour l’instant, je ne peux pas faire autrement. C’est après avoir remarqué que je sors de moins en moins la poubelle que j’ai commencé à être fière de mon parcours ! Alors merci !

    • Reply Dame Calli 29 janvier 2019 at 20 h 47 min

      L’important à retenir, c’est que tu fais de ton mieux, c’est déjà un grand pas ! Au lieu de culpabiliser sur ce que tu ne peux pas faire, tourne ton regard sur tout ce que tu fais déjà, et je suis certaine que tu fais déjà beaucoup. Chaque petite étape doit être une fierté. Et ce qui ne peut être changé, ne doit pas être une source de dévalorisation.

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