Humeurs

L’HYPERSENSIBILITÉ – ou comment mes émotions sont décuplées –

13 mars 2019

Ce sujet méritant que l’on s’y attarde, mon article sera donc découpé en plusieurs articles. Ceci afin d’éviter une lecture soporifique !



– Introduction à l’hypersensibilité –


Ça fait maintenant plusieurs semaines que je n’ai pas eu le temps de me consacrer au blog, ni à écrire un article. Et pourtant cet article j’ai commencé à l’écrire il y a environ un mois, et il n’attend plus que d’être continué.
Entre mes mille et unes choses à faire, l’écriture me traverse souvent l’esprit. Je suis clairement en manque.
Comme chaque jour depuis deux mois, je bosse très dur sur mon projet de création d’entreprise. Et pourtant dans ma vie de tous les jours, je suis confrontée à diverses émotions, et c’est là que j’aurais envie de pouvoir tout retranscrire.
Mais ce matin, pour la première fois depuis longtemps, j’ai du temps devant moi. Je suis un peu déboussolée par tout ce « temps libre ». Je dois commencer un shooting photo, mais j’ai aussi un rdv téléphonique avec une potentielle cliente dans l’après-midi. Ce qui me couperait dans mon élan de travail. Le shooting attendra donc. J’ai répondu à tous mes mails. Mis à jour ce que je devais faire d’urgent. Rien n’est sur ma to-do list du moment. Il est 10h30, et je suis là, face à mon ordinateur, « bon, bah je fais quoi maintenant ? ». Il fait beau, le soleil chauffe au travers de la baie vitrée et j’ai sacrément envie d’écrire ! Ma tête est vide de toute pensée qui pourrait me parasiter, d’idées à noter, de choses à faire. Je mets mon téléphone en mode avion, mon casque sur les oreilles, la playlist de Max Ritcher, et enfin, je peux écrire la suite de cet article.


  Alors bonne lecture !



Il y a quelque temps, j’avais demandé sur mon compte Instagram, que les personnes m’expriment par un mot, une phrase, ce que représente pour elles l’hypersensibilité. Parce que je n’aime pas vraiment les définitions toutes faites, celles qui nous mettent dans des cases. Parce que l’hypersensibilité, ce n’est pas une définition de dictionnaire. C’est un ensemble, un tout. C’est ce que nous sommes.

« Se sentir vivant », « ressentir tout x1000 », « une éponge ».

Et comment se sentir plus vivant qu’en ressentant TOUT, en absorbant TOUT, x1000 ! Tout se prendre en pleine face. Le bon comme le mauvais. Pas de place pour l’à peu près. C’est tout ou rien. Et ça peut être merveilleux comme déstabilisant. La joie n’en est que plus belle. La tristesse n’en est que plus dévastatrice.

Souvent catalogué de « chochotte », de « petite nature », pour la plupart des gens il est impensable de s’exprimer autant pour des choses parfois très futiles. Surtout quand il s’agit de la colère ou de la tristesse.
Je peux littéralement entrer dans une colère noire, pour quelque chose qui, pour les autres, est juste « chiant, mais bon, on va pas en faire toute une histoire ». Alors que pour moi, au delà du côté chiant, c’est surtout cette incompréhension à la chose.

Ce besoin de tout comprendre.


Pour vous donner un dernier exemple en date. Un vendredi soir, enfin plutôt nuit, un voisin du dessus, s’est improvisé bricoleur nocturne. Le mec a tapé au marteau, et joué de la perceuse, de 01h00 à 03h00 du matin… Pardon, mais là, c’est pour moi quelque chose qui est absolument IMPENSABLE. Est ce que je suis allé le voir pour lui dire d’arrêter ? Alors non, parce que le mec à un marteau et une perceuse je te rappelle, qu’il est 02h du mat’, et qu’il s’en sert. Il est donc sûrement un peu ravagé ! #humour
Par contre, oui, j’ai pesté toute la nuit. Et j’ai bassiné tout le monde toute la matinée avec ça. Perdue dans mon incompréhension, faisant fuser les insultes, et le langage de charretier. Alors j’ai mis un mot dans l’ascenseur, en expliquant gentiment les règles de savoir-vivre, et de courtoisie. Pas pour faire la vieille voisine « relou », mais parce que j’ai eu ce besoin de faire comprendre de façon polie, qu’en tant que personne, je n’avais pas apprécié son manque d’empathie avec le voisinage, qui la nuit, dort. Ou du moins essaye.


Mais voilà, il semble que ça n’ai pas dérangé grand monde. « Rhooo tu te prends la tête pour rien », « C’est comme ça ». Mais NON, ce n’est PAS comme ça ! Quel être un minimum censé, fait du bricolage en pleine nuit dans un immeuble ? Que se passe t-il dans la tête de ces gens-là ? Et dans celles des gens que cela ne dérange pas ? Pourquoi trouvent-il cela normal ? Pourquoi personne ne dit rien ? Les gens sont-ils si passifs ? Ô pour-quoi !!


Vous voyez, pour moi, cela part dans mes proportions très grandes. Et croyez moi quand je vous dis que cela m’a totalement mise hors de moi. Parce que j’ai ce besoin inconscient de vouloir tout comprendre. Et que pour autant, je ne comprends pas la façon d’agir de l’être humain. Pendant que les autres….Cool Raoul !


Pourquoi nous mettons-nous dans ces états ? Je ne sais pas trop. Enfin si, l’injustice. Et la non-compréhension du comportement humain.


Car nous, les hypersensibles, sommes sans cesse dans l’incompréhension de nos pairs. Tout comme vous ne nous comprenez pas. Alors ce n’est pas une fatalité en soit. Ce n’est pas grave. C’est ainsi. Ce n’est pas un gros mot, ni une maladie. Hypersensibles et non-hypersensibles ne se comprennent pas. Mais ça ne nous empêche pas de vivre ensemble, yeah !
Cet exemple du voisin Schtroumpf bricoleur, est un exemple parmi tant d’autres. Quant à l’émotion que cela a engendrée en moi, c’est tout simplement, comme le décrivait une personne sur Instagram, « une vague d’émotion qui nous traverse sans prévenir. Un tsunami. »

Imaginez un peu la violence du truc. On voudrait bien nous, ne pas tout prendre à cœur comme ça. Se dire que ce voisin est juste un peu idiot, puis passer à autre chose. Vraiment, on aimerait. Mais on ne peut pas faire autrement. C’est en nous. On ne le contrôle pas. On subit, on fait subir. Jusqu’à ce que l’émotion se passe. Que l’esprit s’apaise. Jusqu’à la prochaine vague d’émotion.
Alors non, nous ne sommes pas des « chochottes », ou des « mauviettes », parce que pour encaisser toutes ces émotions, il faut avoir un sacré mental en acier, avoir la tête bien sur les épaules, et être bien ancré. Parce que je pense que l’on aurait vite fait de vriller. Je peux vous dire qu’être conscient de son hypersensibilité, tout en sachant que nous ne pouvons pas la contrôler, est en soi une parfaite maîtrise de ses émotions. Alors, à vous hypersensibles, bravo !


Et comme le disait une autre hypersensible, c’est « ne pas avoir de mot sur des émotions, mais les ressentir profondément ». Nous pleurons, nous rions, nous râlons. Car nous ressentons des choses tellement fortes en nous, que les mots n’existent pas pour décrire tout ce qui se passe dans notre être. C’est si puissant, si fort, si douloureux, si beau, que le corps s’exprime physiquement, pour laisser ces émotions sortir, pour qu’elles se libèrent. Elles qui sont emprisonnées dans notre corps, et qui ne demandent qu’à s’exprimer. Parce que de toute manière, même si nous tentions d’expliquer ce qui se passe en nous, cela paraîtrait tellement farfelu. Alors nous laissons jaillir tout ça. Quitte à passer pour farfelu quand même !
Car nous sommes tout à la fois. Nous sommes trop…


La prochaine partie de l’article, sera orientée sur « Être hypersensible, cadeau ou fardeau ? »



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