Humeurs

ÊTRE HYPERSENSIBLE – cadeau ou fardeau ? –

21 mars 2019
Seconde partie de l’article sur l’hypersensibilité.


« Tellement difficile, mais tellement beau ».  Alors, cadeau et fardeau ?
Personnellement, je dirais les deux. Parce que nous avons la chance d’avoir conscience de -presque – tout. Mais que cette conscience de presque tout, parfois, on s’en passerait bien. Notre mental emmagasine beaucoup trop d’informations. Mais cela nous permet de voir le monde sous un angle différent. Et il est si beau quand nous le voyons sans filtre, avec toute notre authenticité.

La joie, nous procure une réelle joie. Profonde et émouvante. Quand quelque chose me rend joyeuse, ce n’est pas juste un sourire sur mon visage qui s’en vient. C’est tout mon être, mon corps qui ressent cette joie. Cette sorte de petit feu d’artifice au niveau du plexus, cette excitation intérieure. Tout mon organisme vibre et ressent ce bonheur.
« Mais tu ressens ça parce que t’as vu Leonardo DiCaprio en bas d’chez toi ? » Penses-tu, c’est le moindre truc qui m’amène dans cet état. Vous avez déjà vu ces enfants de 5 ans, qui s’émerveillent devant la moindre chose, aussi insignifiante soit-elle ? Et bien, là, c’est pareil. Parce que tout nous paraît si extraordinaire. Observer un escargot en train de manger dans le jardin, me provoque la même joie que voir un paysage à couper le souffle. Parce qu’il n’y a pas de « plus beau », ou « moins beau ». Tout est beau dans la vie !
Bien souvent on a l’air cucul au regard des autres, on se retient beaucoup d’exprimer cette joie, parce que pour la plupart des gens, on en fait encore des tonnes, et on a l’air hystérique. Et en plus il paraît qu’on « fout la honte ». #dontcare
Alors j’ai peut-être l’air d’avoir 5 ans dans ma tête, mais au moins je m’enivre d’émotions si douces, si réconfortantes, qu’elles me font du bien. Elles me donnent un réel coup de boost. M’apaisent, et compensent ces émotions si pénibles, si lourdes.

« Cette capacité à sentir les émotions différemment. Un bel outil si l’on arrive à écouter sa voix intérieure ».


S’écouter, s’accepter, s’aimer.

Il n’est pas facile au quotidien de pouvoir laisser libre court à toutes ces émotions, mais dès qu’on le peut, il faut les laisser sortir. Ne pas les laisser nous grignoter de l’intérieur. Beaucoup de gens pensent que nous prenons tout trop pour nous. C’est vrai. Mais nous n’y pouvons rien. C’est ainsi. Nous en avons conscience, et on aimerait bien que les choses nous passent au-dessus.
Mais c’est parce que notre manière de ressentir les émotions est différente. Pourquoi ? Je ne sais pas. C’est comme ça. Nous sommes sur un niveau de conscience des choses, qui est autre.
Bien sûr que bien souvent nous le vivons très mal, car nous-même n’arrivons pas à nous comprendre. Ça serait bien plus facile si nous ne ressentions que la moitié des choses. Qu’est-ce qu’on serait bien plus apaisé dans notre vie quotidienne.
Je suis certaine que tous les hypersensibles, lisant ces phrases à l’instant même, doivent se dire « Olala, c’est clair » ! Et en même temps, « oui, mais c’est tellement chouette quand même ». Parce que malgré la difficulté de la chose, nous savons très bien que c’est un outil formidable. Mais cela n’est possible que lorsque nous avons pris conscience que nous sommes hypersensible.

Cela peut être très déstabilisant pour un hypersensible qui s’ignore. Ne sait pas ce qui se passe en lui. Et c’est là qu’est le fardeau.


En témoigne L., cette hypersensible « J’ai longtemps lutté, j’ai exploré toutes mes limites, j’ai pris des cachetons pour atténuer ces sentiments qui m’ont fait tellement de mal…Puis j’ai essayé de les accepter, de les comprendre, et mes angoisses ont finit par s’estomper naturellement… »
Lutter contre soi-même, enfouir toutes ces émotions si douloureuses. Alors, parfois même, on se persuade que nous ne sommes pas ainsi. Comme A. qui me disait « Ma mère est hypersensible ainsi qu’une bonne partie de mes proches et je les ai toujours vu en souffrir énormément. Alors j’ai décidé au fil des années que je n’étais pas hypersensible, j’ai même pensé que j’étais insensible pendant un moment. Je ne pleurais jamais devant un film, ni devant un livre, ni devant aucune situation. Je me suis forgé une armure, repliée sur moi-même, un peu aidé par l’humour et je suis sorti de toutes mes tristesses par un « sois forte ». Il m’a fallu un énorme chamboulement émotionnel et plusieurs rendez-vous chez la psy pour me rendre compte que finalement… Je suis hypersensible… ».
 Qui a envie de souffrir en voyant ce que l’hypersensibilité peut engendrer chez des proches ! Nous nous forgeons tous notre carapace. C’est humain. C’est un système d’auto-protection, de défense. Mais comme nous le dit si bien L., quand on finit par accepter, comprendre, ce poids finit par ne plus être aussi lourd.

Un autre témoignage qui m’avait beaucoup touchée, est celui de D., parce que l’hypersensibilité ça ne concerne pas que les femmes.
« Quand j’étais enfant, je me souviens comme aujourd’hui, que mes 2 frères pour me déstabiliser, se mettaient autour de moi et disaient « il va pleurer, il va pleurer ». Et tout d’un coup, je pleurais. Aujourd’hui, j’ai 46 ans, et je sais qui je suis, hypersensible et compris de moi-même. Enfant, je voulais être comme les autres enfants. Aujourd’hui, adulte, je veux rester différent. Je ne suis pas heureux, c’est vrai, mais j’aime cette arborescence de pensées, d’idées ».
Combien de petits garçons sont forcés à ne pas pleurer, parce que « c’est un truc de fille ». Combien d’hommes hypersensibles se cachent derrière une grande insensibilité, et ont refoulé en eux toutes émotions ? Je ne comprends pas ces gens qui empêchent l’autre, d’exprimer ses émotions. Je le répète, mais montrer ses émotions, n’est pas une faiblesse, mais une très grande force, car on se dévoile tel que l’on n’est.
Mais, comme le dit très justement D., le plus important, est de savoir qui nous sommes, et compris de nous-même.


La prochaine partie de l’article, sera orientée sur « cette empathie excessive, qui rend l’émotion de la tristesse, bien trop problématique. » Bon en vrai, ça ne s’intitulera pas comme ça, mais c’est pour te donner une idée de quoi que j’vais causer !


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2 Commentaires

  • Reply Scyllia 29 mars 2019 at 11 h 31 min

    Wouahou…. C’est tellement agréable de se sentir moins seule 🙂 Merci à toi de mettre des mots sur tout cela. J’en manque justement pour exprimer mon expérience… mais je partage tout à 100% !
    Je sais que ton prochain article sur l’empathie et la tristesse va me faire pleurer mais j’ai hâte de le lire ! 🙂

    • Reply Dame Calli 29 mars 2019 at 17 h 59 min

      Ce n’est tellement pas évident de mettre des mots sur des choses si complexes ! Mais c’est si important d’en parler, ça aide à voir qu’effectivement, nous ne sommes pas seul-es, ni toc-toc !

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